Ces petites choses qui feront, malgré tout, notre printemps

 

Comment faire pour continuer à travailler dans un monde qui ne ressemble plus en rien à celui d’avant, ou tout est devenu incertain ?  Si j’étais restée journaliste, j’aurais continué à écrire. Si j’étais boulangère, je continuerais à faire du pain. Si j’étais maraîchère, je redoublerais d'efforts pour vous proposer des produits de qualité. Et si j’étais médecin ou infirmière, jamais mon métier n’aurait eu autant de sens. Mais je ne suis pas médecin, et je ne vends pas non plus des produits de première nécessité ou des médicaments.

Alors je m’interroge. Ce que je fais a-t-il encore du sens ? Comment poursuivre mon travail alors que ce que je fais ne figure pas sur la liste des indispensables de la planète Covid-19, puisque je vends des vêtements.

J’ai commencé cette activité il y a à peine un an (https://maja.brussels/blogs/infos/mode-et-confinement-et-si-on-en-profitait-pour-faire-connaissance)

Cela correspondait à un changement de vie radical. Un besoin de se recentrer, un besoin d’indépendance et sans doute aussi de plus de légèreté. Je voulais que la notion de plaisir soit intimement liée à mon travail : du choix des vêtements jusqu’à la vente. Le plaisir aussi de recevoir les clientes, d’apprendre à les connaitre, de les conseiller et les voir heureuses en repartant, bref de partager.

C’était dans la vie d’avant, avant le Covid-19. Celle que les donneurs de leçons ne manqueront pas de dénoncer, d’accuser de tous les maux, celle aussi que d’autres ne manqueront pas de regretter. Quoi qu’il en soit, demain sera différent parce que nous avons découvert à quel point notre présent peut être fragile. 

Je connais mon devoir face au Covid19, ce que je peux faire ou ne pas faire. Dans la vie pratique quotidienne, je sais que l’essentiel, c’est le respect scrupuleux des consignes.

Mais comment fait-ton avec le reste ? Toute cette semaine, j’ai continué à recevoir des colis. J’ai déballé, trié, rangé, encodé, j’ai fait la liste des photos à prendre et puis je me suis assise et je me suis demandé : pour quoi faire, cela a-t-il encore du sens?   

Finalement, je pense que oui. Parce que depuis bientôt un an, mes nouvelles activités m’ont permis de rencontrer des personnes intelligentes, drôles, cultivées, créatives et à l’écoute. Parce que je suis entourée de personnes merveilleuses, aimantes et solidaires qui me soutiennent depuis le début, parents, amis, collègues…ma tribu. Parce que le projet Maja est basé sur un esprit positif et des valeurs qui continuent de me faire avancer. Parce que je crois que ce qui est beau nous fait du bien, nous aide à traverser les moments difficiles.Et que ce qui peut nous faire du bien et nous élever n’est pas toujours là où l’on croit.

Alors nous allons continuer à déballer, trier, ranger, encoder, envoyer les colis, faire des photos, les poster, échanger et partager. Nous allons travailler pour mieux avancer. 

Parce qu’il faut prendre soin de nous et prendre soin des autres. Et que tout ce qui peut nous aider à surmonter cette période, même les plus petites choses, est essentiel.  

Alors profitons de toutes ces petites choses qui feront, malgré tout, notre printemps et qui nous aiderons à traverser cette épreuve,  ensemble. 

Maryse

maryse@maja.brussels